Frases autênticas de Marcel Proust – O mais politicamente incorreto dos autores

Frases de Marcel Proust dois

Frases de Marcel Proust 1

 1-      Ce qu’il y a d’admirable dans le bonheur des autres, c’est qu’on y croit.

2-      Il n’y a pas de réussite facile ni d’échecs définitifs.

3-      Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.

4-      Les vrais paradis sont ceux qu’on a perdus.

5- En amour, il est plus facile de renoncer à un sentiment que de perdre une habitude.

5-      Savoir qu’on n’a plus rien à espérer n’empêche pas de continuer à attendre.

6-      L’amour c’est l’espace et le temps rendus sensibles au cœur.

7-      Le souvenir d’une certaine image, n’est que le regret d’un certain instant.

8-      Je ressentis devant elle ce désir de vivre qui renaît en nous chaque fois que nous prenons de nouveau conscience de la beauté et du bonheur.

9-      Comme il y a une géometrie dans l’espace, il y a une psychologie dans le temps, où les calculs d’une psychologie plane ne seraient plus exacts parce qu’on n’y tiendrait pas compte du temps et d’une des formes qu’il revet, l’oubli (…) qui est un si puissant instrument d’adaptation à la realité parce qu’il détruit peu à peu en nous le passé survivant qui est en constante contradiction avec elle.

10-   L’idée qu’on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l’idée qu’un autre est mort.

11-   Si un autre me ressemble, c’est donc que j’étais quelqu’un.

12-   Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soit encore la rêver.

13-   Une heure n’est pas qu’une heure, c’est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats.

14-   Car bien souvent, pour que nous découvrions que nous sommes amoureux, peut-être même pour que nous le devenions, il faut qu’arrive le jour de la séparation.

15-   L’absence n’est-elle pas, pour qui aime, la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructible, la plus fidèle des présences?

17-   Notre mémoire et notre coeur ne sont pas assez grands pour pouvoir être fidèles.

18-   Il y a dans notre âme des choses auxquelles nous ne savons pas combien nous tenons. Ou bien, si nous vivons sans elles, c’est parce que nous remettons de jour en jour, par peur d’échouer ou de souffrir, d’entrer en leur possession.

19-   C’est parce qu’ils contiennent ainsi les heures du passé que les corps humains peuvent faire tant de mal à ceux qui les aiment.

20-   Nos désirs vont s’interférant, et dans la confusion de l’existence, il est rare qu’un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l’avait réclamé.

21-   Le seul véritable voyage, le seul bain de jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est.

22-   Nous ne connaissons jamais que les passions des autres, et que ce que nous arrivons à savoir des nôtres, ce n’est que d’eux que nous avons pu l’apprendre.

23-   Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.

24-   Soyons reconnaissants envers les gens qui nous rendent heureux. Ils sont les jardiniers qui font fleurir notre âme.

25-   La beauté n’est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie.

26-   Nous n’arrivons pas à changer les choses suivant notre désir, mais peu à peu notre désir change.

27-   En moi aussi bien des choses ont été détruites que je croyais devoir durer toujours…

28-   La vie est semée de ces miracles que peuvent toujours espérer les personnes qui aiment.

29-   L’amour physique, si injustement décrié, force tellement tout être à manifester jusqu’aux moindres parcelles qu’il possède de bonté, d’abandon de soi, qu’elles resplendissent jusqu’aux yeux de l’entourage immédiat.

30-   Et ces moments du passé ne sont pas immobiles; ils gardent dans notre mémoire le mouvement qui les entraînait vers l’avenir, – vers un avenir devenu lui-même le passé, – nous y entraînant nous-même“.

31-   il reste que c’est le temps qui amène progressiment l’oubli n’est pas sans altérer profoundément la notion du temps.

32-   Oui, si le souvenir, grâce à l’oubli, n’a pu contracter aucun lieu, jeter aucun chaînon entre lui et la minute présente, s’il est resté à sa place, à sa date, s’il a gardé ses distances, son isolement dans le creux d’une vallée ou à la pointe d’un sommet, il nous fait tout à coup respirer un air nouveau, précisément parce que c’est un air qu’on a respiré autrefois, cet air plus pur que les poètes ont vainement essayé de faire réguer dans le paradis et qui ne pourrait donner cette sensation profonde de renouvellement que s’il avait été respiré déjà, car les vrais paradis sont les paradis qu’un a perdue.

33-   pour la jalousie il n’est ni passé ni avenir et que ce qu’elle imagine est toujours le Présent.

34-   Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.

35-   on aime toujours un peu à sortir de soi, à voyager, quand on lit”.

36-   Autrefois on rêvait de posséder le cœur de la femme dont on était amoureux; plus tard sentir qu’on possède le cœur d’une femme peut suffire à vous en rendre amoureux.

37-   Le désir fleurit, la possession flétrit toutes choses.

38-   Alors moi qui depuis mon enfance, vivant au jour le jour et ayant reçu d’ailleurs de moi-même et des autres une impression définitive, je m’aperçus pour la primière fois, d’après les métamorphoses qui s’étaient produites dans tous ces gens, du temps qui avait passé pour eux, ce qui me boulerversa par la révélation qu’il avait passé aussi pour moi.

39-   On ne trouve le bonheur qu’à faire ce qu’on aime avec les tendances profondes de son âme.

40-   …cette indifférence aux souffrances qu’on cause et qui,quelques autres noms qu’on lui donne, est la forme terrible et permanente de la cruauté .

41-   Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre.

42-   Ce que je reproche aux journaux, c’est de nous faire faire attention, tous les jours, à des choses insignifiantes, tandis que nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie des choses essentielles.

43-   il ne faut jamais discuter sur les romans ni sur les pièces de théâtre. Chacun a sa manière de voir et vous pouvez trouver détestable ce que j’aime le mieux.

44-   Un homme qui dort, tient en cercle autour de lui le fil des heures, l’ordre des années et des mondes.

45-   Il faudrait choisir de cesser de souffrir ou de cesser d’aimer. Car, ainsi qu’au début il est formé par le désir, l’amour n’est entretenu plus tard que par l’anxiété douloureuse.

46-   “Si nous croyons qu’il y a peu de choses drôles, C’est que nous ne savons pas les y voir.”

47-   Désirer avoir de la volonté n’y suffisait pas. Il aurait fallu précisément ce que je ne pouvais sans volonté: le vouloir.

49-    Le bonheur est salutaire pour le corps, mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit.

50-   La force qui fait le plus de fois le tour de la terre en une seconde, ce n’est pas l’électricité, c’est la douleur.

51-   Nos plus grandes craintes, comme nos plus grandes espérances, ne sont pas au-dessus de nos forces, et nous pouvons finir par dominer les unes et réaliser les autres.

52-   Les châtiments, on croit les éviter parce qu’on fait attention aux voitures…Mais il en est d’internes. L’accident vient du côté auquel on ne songeait pas, du dedans, du coeur.

53-   La douleur est un aussi puissant modificateur de la réalité qu’est l’ivresse.

54-   On n’aime que ce qu’on ne possède pas tout entier.

55-   Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.

56-   Si la littérature constitue un moyen privilégié pour connaître la vie, c’est au fond parce qu’elle n’est finalement rien d’autre que la vie elle-même.

58-   Nous trouvons de tout dans notre mémoire. Elle est une espèce de pharmacie, de laboratoire de chimie, où on met au hasard la main tantôt sur une drogue calmante, tantôt sur un poison dangereux.

59-   Sans doute, l’amitié, l’amitié qui a égard aux individus, est une chose frivole, et la lecture est une amitié sincère (…). Dans la lecture, l’amitié est soudain ramenée à sa pureté première. Avec les livres, pas d’amabilité.

60-   La jalousie n’est souvent qu’un inquiet besoin de tyrannie appliqué aux choses de l’amour.

61-   Le bonheur seul est salutaire pour le corps, mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit.

62-   On désire être compris parce qu’on désire être aimé, et on désire être aimé parce qu’on aime. La compréhension des autres est indifférente et leur amour importun.

63-   L’intelligence n’est pas l’instrument le plus subtil, le plus puissant, le plus approprié pour saisir-le-Vrai… c’est la vie qui peu à peu, cas par cas, nous permet de remarquer que ce qui est le plus important pour notre coeur, ou pour notre esprit, ne nous est pas appris par le raisonnement mais par des puissances autres.

64-   La douleur est un aussi puissant modificateur de la réalité qu’est l’ivresse.

65-   On se souvient d’une atmosphère parce que des jeunes filles y ont souri.

66-   Nous n’arrivons pas à changer les choses suivant notre désir, mais peu à peu notre désir change.

67-   Dans l’attente, on souffre tant de l’absence de ce qu’on désire qu’on ne peut supporter une autre présence.

68-   Mais l’important dans la vie n’est pas ce qu’on aime, reprit-il (Charlus) d’un ton compétent, péremptoire et presque tranchant, c’est d’aimer.

69-   Je suis arrivé à un âge où il faut prendre parti, décider une fois pour toutes qui on veut aimer, et qui on veut dédaigner, se tenir à ceux qu’on aime et, pour réparer le temps qu’on a gâché avec les autres, ne plus les quitter jusqu’à la mort.

70-   Nos désirs vont s’interfèrant, et dans la confusion de l’existence, il est rare qu’un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l’avait réclamé.

71-   C’est étonnant comme la jalousie, qui passe son temps à faire de petites suppositions dans le faux, a peu d’imagination quand il s’agit de découvrir le vrai.

72-   On dédaigne volontiers un but qu’on n’a pas réussi à atteindre, ou qu’on atteint définitivement.

73-   Cette impossibilité où nous sommes, quand nous avons à raisonner sur la mort, de nous représenter autre chose que la vie.

74-   On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner, car elle est un point de vue sur les choses.

75-   Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l’habitude le remplit.

76-   Quant au bonheur, il n’a presque qu’une seule utilité, rendre le malheur possible.

77-   Quand on aime, l’amour est trop grand pour pouvoir être contenu tout entier en nous; il irradie vers la personne aimée, rencontre en elle une surface qui l’arrête, le force à revenir vers son point de départ ; et c’est ce choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l’autre et qui nous charme plus qu’à l’aller, parce que nous ne connaissons pas qu’elle vient de nous.

78-   Le bonheur est salutaire pour le corps, mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit.

79-   « On ne connaît pas son bonheur. On n’est jamais aussi malheureux qu’on croit. »

80-   Ah ! dans ces premiers temps où l’on aime, les baisers naissent si naturellement !
Ils foisonnent si pressés les uns contre les autres ; et l’on aurait autant de peine à compter les baisers qu’on s’est donnés pendant une heure que les fleurs d’un champ au mois de mai.

81-   Le bonheur est salutaire pour le corps, mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit.

82-   Plus tard, l’absence porta d’autres enseignements plus amers encore, qu’on s’habitue à l’absence, que c’est la plus grande diminution de soi-même, la plus humiliante souffrance de sentir qu’on n’en souffre plus.

83-   Ah ! dans ces premiers temps où l’on aime, les baisers naissent si naturellement!
Ils foisonnent si pressés les uns contre les autres ; et l’on aurait autant de peine à compter les baisers qu’on s’est donnés pendant une heure que les fleurs d’un champ au mois de mai.

84-   On arrange aisément les récits du passé que personne ne connait plus, comme ceux des voyages dans les pays où personne n’est jamais allé.

85-   Nous travaillons à tout moment à donner sa forme à notre vie, mais en copiant malgré nous comme un dessin les traits de la personne que nous sommes et non de celle qu’il nous serait agréable d’être.

86-   Les gens du monde se représentent volontiers les livres comme une espèce de cube dont une face est enlevée, si bien que l’auteur se dépêche de “faire entrer” dedans les personnes qu’il rencontre.

87-   La vrai beauté est si particulière, si nouvelle qu’on ne la reconnaît pas pour la beauté.

88-   Les querelles qui fortifient un amour naissant avancent la fin d’un amour qui a beaucoup duré, comme ces maladies d’où les jeunes gens sortent plus vigoureux, mais auxquelles succombent les vieillards.

89-   On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner, car elle est un point de vue sur les choses.

90-   Les intérêts de notre vie sont si multiples qu’il n’est pas rare que dans une même circonstance les jalons d’un bonheur qui n’existe pas encore soient posés à côté de l’aggravation d’un chagrin dont nous souffrons.

91-   Si mes parents m’avaient permis, quand je lisais un livre, d’aller visiter la région qu’il décrivait, j’aurais cru faire un pas inestimable dans la conquête de la vérité.

92-   Un homme qui dort, tient en cercle autour de lui le fil des heures, l’ordre des années et des mondes. Il les consulte d’instinct en s’éveillant et y lit en une seconde le point de la terre qu’il occupe, le temps qui s’est écoulé jusqu’à son réveil.

93-   Ce n’est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s’affaiblit, c’est parce que nous mourons nous-mêmes.

94-   En amour, il est plus facile de renoncer à un sentiment que de perdre une habitude.

95-   La maladie est le plus écouté des médecins: à la bonté, au savoir on ne fait que promettre; on obéit à la souffrance.

96-   On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.

97-   Mon voyage à Balbec fut comme la première sortie d’un convalescent qui n’attendait plus qu’elle pour s’apercevoir qu’il est guéri.

98-   Chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même.

99-   Ce qui est étonnant, dit-il, c’est que ce public qui ne juge ainsi des hommes et des choses de la guerre que par les journaux est persuadé qu’il juge par lui-même.

100-          Les être nous sont d’habitude si indifférents que, quand nous avons mis dans l’un d’eux de telles possibilités de souffrance et de joie pour nous, il nous semble appartenir à un autre univers, il s’entoure de poésie, il fait de notre vie comme une étendue émouvante où il sera plus ou moins rapproché de nous.

101-          L’espérance d’être soulagé lui donne du courage pour souffrir.

102-          Il n’y a plus de société, plus de règles, plus de convenances, pas plus pour la conversation que pour la toilette. Ah ! mon cher, c’est la fin du monde. Tout le monde est si méchant. C’est à qui dira le plus de mal des autres. C’est une horreur.

103-          Jusque là, parce que je n’avais pas compris, je n’avais pas vu. Le vice (on parle ainsi pour la commodité du langage), le vice de chacun l’accompagne à la façon de ce génie qui était invisible pour les hommes tant qu’ils ignoraient sa présence. La bonté, les fourberies, le nom, les relations mondaines ne se laissent pas découvrir, et on les porte cachés. Ulysse lui-même ne reconnaissait pas Athénée.

104-          Les êtres nous sont d’habitude si indifférents que, quand nous avons mis dans l’un d’eux de telles possibilités de souffrance et de joie pour nous, il nous semble appartenir à un autre univers, il s’entoure de poésie, il fait de notre vie comme une étendue émouvante où il sera plus ou moins rapproché de nous.

105-          Il n’y a rien de plus agréable que de se donner de l’ennui pour une personne qui en vaille la peine.

106-          Une personne n’est pas, comme j’avais cru, claire et immobile devant nous avec ses qualités, ses défauts, ses projets, ses intentions à notre égard (comme un jardin qu’on regarde, avec toutes ses plates-bandes, à travers une grille), mais est une ombre où nous ne pouvons jamais pénétrer, pour laquelle il n’existe pas de connaissance directe, au sujet de quoi nous nous faisons des croyances nombreuses à l’aide de paroles et même d’actions, lesquelles les unes et les autres ne nous donnent que des renseignements insuffisants et d’ailleurs contradictoires, une ombre où nous pouvons tour à tour imaginer, avec autant de vraisemblance, que brillent la haine et l’amour.

107-          Je trouve ridicule au fond qu’un homme de son intelligence souffre pour une personne de ce genre et qui n’est même pas intelligente, car on la dit idiote “, ajouta-t-elle avec la sagesse des gens non amoureux qui trouvent qu’un homme d’esprit ne devrait être malheureux que pour une personne qui en valût la peine ; c’est à peu près comme s’étonner qu’on daigne souffrir du choléra par le fait d’un être aussi petit que le bacille virgule.

108-          Jusque là, parce que je n’avais pas compris, je n’avais pas vu. Le vice (on parle ainsi pour la commodité du langage), le vice de chacun l’accompagne à la façon de ce génie qui était invisible pour les hommes tant qu’ils ignoraient sa présence. La bonté, les fourberies, le nom, les relations mondaines ne se laissent pas découvrir, et on les porte cachés. Ulysse lui-même ne reconnaissait pas Athénée.

109-          … les femmes qu’on aime plus et qu’on rencontre après des années, n’y a-t-il pas entre elles et vous la mort, tout aussi bien que si elles n’étaient plus de ce monde, puisque le fait que notre amour n’existe plus fait de celles qu’elles étaient alors, ou de celui que nous étions, des morts?

110-       

1-      … les femmes qu’on aime plus et qu’on rencontre après des années, n’y a-t-il pas entre elles et vous la mort, tout aussi bien que si elles n’étaient plus de ce monde, puisque le fait que notre amour n’existe plus fait de celles qu’elles étaient alors, ou de celui que nous étions, des morts?

2-      On n’est jamais aussi malheureux qu’on croit.

3-      Le chagrin qui n’est nullement une conclusion pessimiste librement tirée d’un ensemble de circonstances funestes, mais la reviviscence intermittente et involontaire d’une impression spécifique, venue du dehors, et que nous n’avons pas choisie.

4-      Les idées sont des succédanés des chagrins; au moment où ceux-ci se changent en idées, ils perdent une partie de leur action nocive sur notre cœur, et même au premier instant, la transformation elle-même dégage subitement de la joie.

5-      Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.

6-      … les femmes qu’on aime plus et qu’on rencontre après des années, n’y a-t-il pas entre elles et vous la mort, tout aussi bien que si elles n’étaient plus de ce monde, puisque le fait que notre amour n’existe plus fait de celles qu’elles étaient alors, ou de celui que nous étions, des morts?

7-      On ne connaît pas son bonheur. On n’est jamais aussi malheureux qu’on croit.

8-      Le chagrin qui n’est nullement une conclusion pessimiste librement tirée d’un ensemble de circonstances funestes, mais la reviviscence intermittente et involontaire d’une impression spécifique, venue du dehors, et que nous n’avons pas choisie.

9-      Les idées sont des succédanés des chagrins; au moment où ceux-ci se changent en idées, ils perdent une partie de leur action nocive sur notre cœur, et même au premier instant, la transformation elle-même dégage subitement de la joie.

10-   En réalité, dans l’amour il y a une souffrance permanente, que la joie neutralise, rend virtuelle, ajourne, mais qui peut à tout moment devenir ce qu’elle serait depuis longtemps si l’on avait pas obtenu ce qu’on souhaitait, atroce.

11-   C’est tout de même malheureux que ce soit à moi d’apprendre son histoire à un professeur en Sorbonne.

12-   Celui qui veut entretenir en soi le désir de continuer à vivre et la croyance en quelque chose de plus délicieux que les choses habituelles, doit se promener. Car les rues, les avenues sont pleines de Déesses. Mais les Déesses ne se laissent pas approcher.

13-   Ce qu’il faut savoir, c’est si vraiment tu es cet être qui est au dernier rang de l’esprit, et même du charme, l’être méprisable qui n’est pas capable de renoncer à un plaisir. Alors, si tu es cela, comment pourrait-on t’aimer, car tu n’es même pas une personne, une créature définie, imparfaite, mais du moins perfectible? Tu es une eau informe qui coule selon la pente qu’on lui offre, un poisson sans mémoire et sans réflexion qui tant qu’il vivra dans son aquarium se heurtera cent fois par jour contre le vitrage qu’il continuera à prendre pour de l’eau.

14-   Mais pourquoi est-ce qu’on ne peut pas tout dire, tout penser? Je peux avoir raison, vous aussi. Comme c’est terrible et étroit d’avoir une opinion.

15-   Mais il compta que cette existence durait déjà depuis plusieurs années, que tout ce qu’il pouvait espérer c’est qu’elle durât toujours, qu’il sacrifierait ses travaux, ses plaisirs, ses amis, finalement toute sa vie à l’attente quotidienne d’un rendez-vous qui ne pouvait rien lui apporter d’heureux, et il se demanda s’il ne se trompait pas, si ce qui avait favorisé sa liaison et en avait empêché la rupture n’avait pas desservi sa destinée, si l’événement désirable, ce n’aurait pas été celui dont il se réjouissait tant qu’il n’eût eu lieu qu’en rêve : son départ ; il se dit qu’on ne connaît pas son malheur, qu’on n’est jamais si heureux qu’on croit.

16-   Car tant que notre coeur enferme d’une façon permanente l’image d’un autre être, ce n’est pas seulement notre bonheur qui peut à tout moment être détruit; quand ce bonheur est évanoui, quand nous avons souffert, puis, que nous avons réussi à endormir notre souffrance, ce qui est aussi trompeur et précaire qu’avait été le bonheur même, c’est le calme.

17-   Mais même au point de vue des plus insignifiantes choses de la vie, nous ne sommes pas un tout matériellement constitué, identique pour tout le monde et dont chacun n’a qu’à aller prendre connaissance comme d’un cahier des charges ou d’un testament; notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres. Même l’acte si simple que nous appelons “voir une personne que nous connaissons” est en partie un acte intellectuel. Nous remplissons l’apparence physique de l’être que nous voyons de toutes les notions que nous avons sur lui, et dans l’aspect total que nous nous représentons, ces notions ont certainement la plus grande part. Elles finissent par gonfler si parfaitement les joues, par suivre en une adhérence si exacte la ligne du nez, elles se mêlent si bien de nuancer la sonorité de la voix, comme si celle-ci n’était qu’une transparente enveloppe, que chaque fois que nous voyons ce visage et que nous entendons cette voix, ce sont ces notions que nous retrouvons, que nous écoutons.

18-   Comme tous ceux qui possèdent une chose, pour savoir ce qui arriverait s’il cessait un moment de la posséder il avait ôté cette chose de son esprit, en y laissant tout le reste dans le même état que quand elle était là. Or l’absence d’une chose, ce n’est pas que cela, ce n’est pas un simple manque partiel, c’est un bouleversement de tout le reste, c’est un état nouveau qu’on ne peut prévoir dans l’ancien.

19-   Ah! dans ces premiers temps où l’on aime, les baisers naissent si naturellement ! Ils foisonnent si pressés les uns contre les autres; et l’on aurait autant de peine à compter les baisers qu’on s’est donnés pendant une heure que les fleurs d’un champ au mois de mai.

20-   Autrefois on rêvait de posséder le cœur de la femme dont on était amoureux; plus tard sentir qu’on possède le cœur d’une femme peut suffire à vous en rendre amoureux.

21-   Car l’homme est cet être sans âge fixe, cet être qui a la faculté de redevenir en quelques secondes de beaucoup d’années plus jeune, et qui entouré des parois du temps où il a vécu, y flotte, mais comme dans un bassin dont le niveau changerait constamment et le mettrait à la portée tantôt d’une époque, tantôt d’une autre.

22-   Nous sommes tous obligés pour rendre la réalité supportable d’entretenir en nous quelques petites folies.

23-   (…) la sagesse des gens non amoureux, qui trouvent qu’un homme d’esprit ne devrait être malheureux que pour une personne qui en valût la peine, c’est à peu près comme s’étonner qu’on daigne souffrir du choléra par le fait d’un être aussi petit que le bacille virgule.

24-   Et avec cette muflerie intermittente qui reparaissait chez lui dès qu’il n’était plus malheureux et que baissait du même coup le niveau de sa moralité, il s’écria en lui-même: “Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre!”

25-   Comme on sait peu ce qu’on a dans le coeur!

26-   On se souvient d’une atmosphère parce que des jeunes filles y ont souri.

27-   La possession de ce qu’on aime est une joie plus grande encore que l’amour.

28- En amour, il est plus facile de renoncer à un sentiment que de perdre une habitude.

29-   L’amour devient immense, nous ne songeons pas combien la femme réelle y tient peu de place.

30-   Je l’aimais et ne pouvais par conséquent la voir sans ce trouble, sans ce désir de quelque chose de plus qui ôte, auprès de l’être qu’on aime, la sensation d’aimer.

31-   Sans doute peu de personnes comprennent le caractère purement subjectif du phénomène qu’est l’amour, et la sorte de création que c’est d’une personne supplémentaire, distincte de celle qui porte le même nom dans le monde, et dont la plupart des éléments sont tirés de nous-mêmes.

32-   L’amour le plus exclusif pour une personne est toujours l’amour d’autre chose.

33-   Si tranquille qu’on se croie quand on aime, on a toujours l’amour dans son coeur en état d’équilibre instable.

34-   La manière chercheuse, anxieuse, exigeante, que nous avons de regarder la personne que nous aimons rend notre attention en face de l’être aimé trop tremblante pour qu’elle puisse obtenir de lui une image bien nette.

35-   Si tranquille qu’on se croie quand on aime, on a toujours l’amour dans son coeur en état d’équilibre instable.

36-   Le bonheur, la possession de la beauté, ne sont pas des choses inaccessibles et nous avons fait oeuvre inutile en y renonçant à jamais.

37-   Pour tous les éléments qui dans la vie et ses situations contrastées se rapportent à l’amour, le mieux est de ne pas essayer de comprendre, puisque, dans ce qu’ils ont d’inexorable comme d’inespéré, ils semblent régis par des lois plutôt magiques que rationnelles.

38-   On peut avoir du goût pour une personne. Mais pour déchaîner cette tristesse, ce sentiment de l’irréparable, ces angoisses qui préparent l’amour, il faut – et il est peut-être ainsi, plutôt que ne l’est une personne, l’objet même que cherche anxieusement à étreindre la passion – le risque d’une impossibilité.

39-   Le mensonge ne recommence à nous causer l’indignation, et la bonté la reconnaissance qu’ils devraient toujours exciter en nous, que s’ils viennent d’une femme que nous aimons, et le désir physique a ce merveilleux pouvoir de rendre son prix à l’intelligence et des bases solides à la vie morale.

40-   En amour, notre rival heureux, autant dire notre ennemi, est notre bienfaiteur. A un être qui n’excitait en nous qu’un insignifiant désir physique il ajoute aussitôt une valeur immense, étrangère, mais que nous confondons avec lui. Si nous n’avions pas de rivaux, le plaisir ne se transformerait pas en amour.

41-   Il semble que dans la vie mondaine, reflet insignifiant de ce qui se passe en amour, la meilleure manière qu’on vous recherche, c’est de se refuser.

42-   Son sommeil réalisait, dans une certaine mesure, la possibilité de l’amour; seul, je pouvais penser à elle, mais elle me manquait, je ne la possédais pas; présente, je lui parlais, mais étais trop absent de moi-même pour pouvoir penser. Quand elle dormait, je n’avais plus à parler, je savais que je n’étais plus regardé par elle, je n’avais plus besoin de vivre à la surface de moi-même.

43-   On n’aime que ce en quoi on poursuit quelque chose d’inaccessible, on n’aime que ce qu’on ne possède pas.

44-   Dans les personnes que nous aimons, il y a, immanent à elles, un certain rêve que nous ne savons pas toujours discerner mais que nous poursuivons.

45-   Les mille bontés de l’amour peuvent finir par éveiller chez l’être qui l’inspire et ne l’éprouve pas, une affection, une reconnaissance, moins égoïstes que le sentiment qui les a provoquées, et qui, peut-être, après des années de séparation, quand il ne resterait rien de lui chez l’ancien amant, subsisterait toujours chez l’aimée.

46-   Une femme qu’on aime suffit rarement à tous nos besoins et on la trompe avec une femme qu’on n’aime pas.

47-   Vivez tout à fait avec la femme et vous ne verrez plus rien de ce qui vous l’a fait aimer.

48-   Pendant quelques minutes, je sentis qu’on peut être près de la personne qu’on aime et cependant ne pas l’avoir avec soi.

49-   Quand on veut se rappeler de quelle façon on a commencé d’aimer une femme, on aime déjà; les rêveries d’avant, on ne se disait pas : c’est le prélude d’un amour, faisons attention; et elles avançaient par surprise, à peine remarquées de nous.

50-   Les homosexuels seraient les meilleurs maris du monde s’ils ne jouaient pas la comédie d’aimer les femmes.

51-   La souffrance dans l’amour cesse par instants, mais pour reprendre d’une façon différente. Nous pleurons de voir celle que nous aimons ne plus avoir avec nous ces élans de sympathie, ces avances amoureuses du début, nous souffrons plus encore que, les ayant perdus pour nous, elle les retrouve pour d’autres.

52-   Nos désirs vont s’interférant et, dans la confusion de l’existence, il est rare qu’un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l’avait réclamé.

53-   S’il peut quelquefois suffire pour que nous aimions une femme qu’elle nous regarde avec mépris, et que nous pensions qu’elle ne pourra jamais nous appartenir, quelquefois aussi il peut suffire qu’elle nous regarde avec bonté et que nous pensions qu’elle pourra nous appartenir.

54-   Nos désirs vont s’interférant et, dans la confusion de l’existence, il est rare qu’un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l’avait reclame.

55-   Mais le bonheur ne peut jamais avoir lieu. Si les circonstances arrivent à être surmontées, la nature transporte la lutte du dehors au dedans et fait peu à peu changer assez notre coeur pour qu’il désire autre chose que ce qu’il va posséder. Et si la péripétie a été si rapide que notre coeur n’a pas eu le temps de changer, la nature ne désespère pas pour cela de nous vaincre, d’une manière plus tardive il est vrai, plus subtile, mais aussi efficace. C’est alors à la dernière seconde que la possession du bonheur nous est enlevée, ou plutôt c’est cette possession même que par ruse diabolique la nature charge de détruire le bonheur. Ayant échoué dans tout ce qui était du domaine des faits et de la vie, c’est une impossibilité dernière, l’impossibilité psychologique du bonheur, que la nature crée. Le phénomène du bonheur ne se produit pas ou donne lieu aux réactions les plus amères.

56-   Je ressentis devant elle ce désir de vivre qui renaît en nous chaque fois que nous prenons de nouveau conscience de la beauté et du bonheur.

57-   Ce fut vers cette époque que Bloch bouleversa ma conception du monde, ouvrit pour moi des possibilités nouvelles de bonheur (qui devaient du reste se changer plus tard en possibilités de souffrance), en m’assurant que, contrairement à ce que je croyais au temps de mes promenades du côté de Méséglise, les femmes ne demandaient jamais mieux que de faire l’amour.

58-   Je sentais que la recherche du bonheur dans la satisfaction du désir moral était aussi naïve que l’entreprise d’atteindre l’horizon en marchant devant soi. Plus le désir avance, plus la possession véritable s’éloigne. De sorte que si le bonheur, ou du moins l’absence de souffrances, peut être trouvé, ce n’est pas la satisfaction, mais la réduction progressive, l’extinction finale du désir qu’il faut chercher. On cherche à voir ce qu’on aime, on devrait chercher à ne pas le voir, l’oubli seul finit par amener l’extinction du désir.

59-   Quant au bonheur, il n’a presque qu’une seule utilité, rendre le malheur possible.

60-   A supposer qu’elle eût éprouvé du bonheur à passer les après-midi rien qu’avec moi, à Balbec, je savais qu’il ne se laisse jamais posséder complètement et qu’Albertine, encore à l’âge (que certains ne dépassent pas) où on n’a pas découvert que cette imperfection tient à celui qui éprouve le bonheur, non à celui qui le donne, eût pu être tentée de faire remonter à moi la cause de sa déception.


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